Jörg Lohse vit et travaille à Chiemsee. Après avoir étudié la peinture à l’Académie des Arts visuels de Leipzig, de 1992 à 1997, il suit la Master classe du professeur Ulrich Hachulla de 1997 à 1999.
Jörg Lohse est-il pop ? Si la question est légitime, elle est sans fondement. En effet, Jörg Lohse n’appartient pas à l’univers du Pop art. Il n’est pas de cette époque et ne partage pas les concepts de Warhol, Lichtenstein, Rosenquist et de leurs comparses.
Au-delà d’une fascination tout à fait légitime pour l’objet de consommation, il existe dans son travail une critique acerbe du processus d’érosion de l’univers des media qui, si elle peut établir quelques similarités avec l’univers pop, se place dans un contexte différent. En effet, les produits populaires et les marques sont aujourd’hui le meilleurs vecteur pour enfermer les esprits dans une coercition dont la finalité est d’éviter toute volonté de marginalisation. Un phénomène d’une ampleur mondiale, et d’une prégnance que ne pouvaient anticiper les très sages acteurs de la contestation new yorkaise des années 60.
Dans son travail, les icônes du consumérisme sont comme les éléments déclencheurs d’un passage à l’acte pictural. Il n’y a pas d’affirmation du culte de la beauté. Il existe au contraire un clash violent entre les icônes du temps présent et la passion critique qui est celle du peintre. Elles se télescopent mutuellement comme des atomes dans un accélérateur de particules.
A partir de ce choc matriciel, un nouveau monde se crée, où la beauté se mêle à la caricature, et le chic au dérisoire. Pour le peintre, c’est là l’affirmation que l’art seul peut permettre ce genre d’interactions discursives. Seule l’image publicitaire délivre un message univoque, l’art, jamais.
Patrick Favardin